Pas d'ingérence dans le culte musulman,on est majeur et vacciné

Construction d'une mosquée à Grande-Synthe : l'AML porte plainte contre le maire, pour discrimination et atteinte à laïcité

vendredi 10.09.2010, 05:06  - La Voix du Nord

 Lahouari Riah, vice-président de l'AML et Karim Sarahoui, président, déplorent un manque de considération du maire. Lahouari Riah, vice-président de l'AML et Karim Sarahoui, président, déplorent un manque de considération du maire.

|  ON EN PARLE |

« Les gens qui appellent pour savoir si c'est demain (aujourd'hui ...

 

) l'aïd, ils appellent ici. J'aimerais savoir combien ont appelé là-bas ». « Là-bas », c'est l'association CJEV. Celui qui en parle, Karim Sarhaoui, président de l'AML (association musulmane littoral), présente depuis dix ans à Grande-Synthe. Mais à ses yeux, leur « implantation n'a jamais été reconnue par le maire ». Son vice-président, Lahouari Riah, développe : « Nous sommes reconnus par les autorités de la république, nous avons signé la charte du CFCM (conseil français du culte musulman, créé en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur), nous allons prendre la présidence du conseil de l'islam de Dunkerque début 2011 mais le maire ne nous a pas consultés pour le projet de construction de mosquée, alors que nous en avons déjà un. » Quand ils ont appris que le projet de construction d'une mosquée, porté par la CJEV (centre culturel et cultuel du jardin de l'éveil et la vertu), avait été avalisé par le maire, le sentiment d'injustice s'est traduit en plainte pour discrimination et infraction aux règles de la laïcité, auprès du procureur de Dunkerque : « La CJEV n'a que deux mois d'existence. Le maire a commencé les discussions autour de la mosquée avec une autre association, l'AFMR (association des français musulmans rapatriés d'Algérie), qui n'a pas d'objet cultuel dans ses statuts, et qui reçoit des subventions, ce qui, normalement, est interdit par la loi », affirme Lahouari Riah. La connexion entre les deux associations ? Elles ont le même président, Hamid Bakria.

« Pas des citoyens de seconde zone »

Et le même siège social. « Là aussi, c'est une entorse à la laïcité, juge Lahouari Riah. La mise à disposition d'un lieu de culte par une municipalité est possible. Mais encore une fois, il faut pour ça que l'association ait un objet cultuel ».

Quant à la plainte pour discrimination, Karim Sarhaoui estime que le maire fait preuve de mansuétude à l'égard de l'AFMR et la CJEV alors que « nous avons fait plusieurs demandes pour rencontrer le maire, qui sont restées lettre morte », poursuit Karim Sarhaoui. Ce dernier assurant que la majorité des membres du bureau de la CJEV sont amis avec le maire, et qu'il y aurait des accointances politiques entre eux.

Du côté de la mairie, on « conteste entièrement » cette collusion, « le maire étant trop attaché aux valeurs de la laïcité, il n'a pas à s'ingérer dans ces projets et il ne l'a pas fait. Quant à son manque de considération à l'égard de l'AML, la municipalité rappelle que l'AML « avait été invité par la CJEV pour participer à son projet. Depuis des années, le maire est sollicité par les Grand-Synthois pour avoir un lieu de culte musulman. » Avant-hier, le président du conseil de l'islam de Dunkerque faisait savoir par communiqué de presse qu'il appelait « les associations ainsi que la mairie à une concertation et un dialogue les plus larges possibles dans l'intérêt des fidèles et de l'ensemble des Grand-Synthois.

 ». Avec cette plainte, pas sûr qu'il soit entendu. •

RENO VATAIN