Précis des Sciences du Hadith

Publié le par mosquee salam de grande-synthe.over-blog.com

 

      En parachevant Sa religion par le biais de Mouhammad , le sceau des prophètes, Allâh a garanti la protection de Son message rapporté dans le Coran et à travers la sounna de Son Envoyé. Il dit en substance : « Nous avons descendu le Rappel et Nous en serons Protecteurs », s.15 Al-Hijr, v.9.       
Or, l’oralité était le principal moyen usité pour transmettre une information : les musulmans étaient donc tenus de vérifier la véracité de ce qui leur était rapporté, conformément à l’injonction coranique : « Ô Vous qui avez cru, si un pervers venait à vous apporter une nouvelle, alors vérifiez-la. », s.49 Al-Houjourâte (Les appartements), v.6.
L’Islam prône l’authenticité et la vérité, il bannit l’imposture et les allégations mensongères, cette exigence est encore plus appuyée lorsqu’il s’agit de l’enseignement prophétique. Le Prophète entérine cette éthique : « Dieu agrée un homme qui nous a entendu dire quelque chose et l’a transmis comme il l’a entendu. Car il se peut souvent que celui à qui l’on transmette saisisse mieux que celui qui a entendu. », (At-Tirmidhî : hadîth bon-valide-sûr).
Cette posture idéologique a conduit à l’apparition de la science des normes du hadîth, dont voici les différentes étapes :                                                                   

Etape 1            
      A leur époque, les compagnons et les successeurs vérifiaient scrupuleusement la transmission des faits et leur conformité, surtout après l’épreuve de la grande discorde (fitnah : cf. rubrique histoire de la pensée islamique). L’accent était mis sur les qualités des transmetteurs : seuls les hadîths rapportés par des gens respectueux de la sounna, réputés pour leur intégrité, étaient acceptés, tandis que ceux relatés par les innovateurs en matière de religion étaient rejetés. 

Etape 2           
      Une autre condition pour l’acceptation d’un hadîth était que sa chaîne de transmission devait être connue. Subséquemment apparut la science de la critique et de l’agrément des transmetteurs ‘ilmou al-jarhi wa ta’dîl) : il est à signaler qu’aux premiers temps de l’Islam peu de rapporteurs furent désavoués, même si des réserves furent émises à l’égard de quelques uns. Devenait également obligatoire la connaissance des subtilités de la chaîne de transmission : était-elle continue, interrompue ; comportait-elle de subtils défauts ? Les savants approfondirent tant cette branche que se multiplièrent les sciences relatives au hadîth et à sa maîtrise : celle consacrée au comment transmettre et rapporter le hadîth ; la science de l’abrogeant et l’abrogé (‘ilm an-nâsikh wal- mansoûkh), etc. Toutefois, tous ces savoirs étaient traités et diffusés oralement par les érudits.

 Etape 3           
      L’évolution de ces sciences rendit incontournable leur transcription et leur consignation par écrit, même si au départ, le sujet était mélangé à d’autres (droit, dogme) dans des ouvrages tels que « Le livre de l’épître » (« Ar-Risâlah ») et « Le livre fondamental » (« Al-Oumm ») de l’imâm Ach-châfi’î . 

Etape 4           
      Les sciences religieuses parvinrent à leur maturité au IVème siècle de l’Hégire : elles furent traitées indépendamment les unes des autres ; des livres spécialisés dans la science des normes et les définitions du hadîth (الحديث علم مصطلح ‘Ilm moustalah al-hadîth) virent le jour, et le juge Aboû Mouhammad Al-Hassan Ar-Râmahormouzî (décédé en 360H) en fut le précurseur par le biais de son œuvre « Al-mouhadîthou l’fâssil bayna Ar-râwî wal wâ’î » (« Le connaisseur du hadîth discernant un transmetteur défini d’un récepteur réfléchi »).            

         Avant d’en arriver à la classification à proprement parler du hadîth, il est bon d’examiner le schéma ci-dessous pour mieux cerner la nature intrinsèque du hadîth ; les explications terminologiques qui l’accompagnent éclairent un peu plus le sujet :

 Al-isnâd : c’est la chaîne des personnes qui ont transmis le hadîth (chaîne de transmission).  

Al-matn : c’est le texte, la parole en elle-même.  L’étude porte sur l’identité exacte des autorités figurant dans la chaîne de transmission, ainsi que sur leur biographie, leurs qualités morales, leur intégrité, leur bonne mémoire et leur exactitude. Ceci permet de repérer des homonymies ou de débusquer des incohérences, par exemple si deux transmetteurs placés côte à côte dans une même chaîne ont vécu à des époques différentes.

En fonction des qualités citées plus haut, les transmetteurs sont classés en huit catégories selon un
mérite décroissant depuis le « digne de foi » : thiqah jusqu'à celui dont la transmission est rejetée :
«Matroûku-l-hadîth ». Mais les traditionalistes ne sont pas toujours en accord sur la classification d'un même transmetteur.

Une fois les différents transmetteurs repérés, reste à établir une classification des isnâds considérés dans leur ensemble c'est-à-dire en fonction de la validité globale de la chaîne :
— Isnâds ininterrompus.
— Isnâds interrompus quand il manque un ou plusieurs transmetteurs.

At-taraf : c’est la partie ou la phrase débutant le texte qui fait référence à la parole, à l'action ou à la caractéristique du Prophète , ou de son accord donné à d'autres actions. 

Illustration :

Al-Boukhârî rapporte : « Al-Houmaydiyy ‘Abdoullâh Ibnou Az-Zoubayr nous a raconté, il dit : Soufiâne nous a raconté, il dit : Yahya Ibnou Sa‘îd Al-Ançârî nous a raconté, il dit : Mouhammad Ibnou Ibrahîm At-Taymiyy m’a appris qu’il a entendu ‘Alqama Ibnou Waqqâç Al-Laythiyy dire : J’ai entendu ‘Omar Ibnou Al-Khattâb sur la chaire dire : J’ai entendu le Prophète dire : " Les actes ne valent que par les intentions, et à chacun selon son dessein. Celui qui aura émigré pour acquérir les biens du bas monde ou une femme à épouser, son émigration ne sera comptée que pour la raison de son émigration. " » 

                                                                                                             
  
Al-isnâd
   At-taraf
   Al-matn

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